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Prise en otage par Facebook

Bonjour toi,

 

Beaucoup d'entre vous viennent sur ce site via ma page Facebook : "Lumière & Joie pour se ressourcer".

Ne vous étonnez pas de ne plus avoir de mes nouvelles :

FACEBOOK m'a prise en OTAGE !

 

Ne voulant conserver que ma page, j'ai créé un compte (sans aucun publication) juste pour pouvoir l'administrer,

et j'ai demandé la suppression de mon ancien compte Facebook

(opération qui leur prend un mois... !)

 

Apparemment FB ne veut pas perdre les personnes qui le font vivre car, dès le lendemain, ce compte, le nouveau compte administrateur et ma page ont été bloqués pour des questions de sécurité.

Et impossible de me reconnecter.

 

- Je demande un code de récupération par e-mail pour réinitialiser mon mot de passe :

OK, code reçu, je mets un nouveau mot de passe (ce qui a marché depuis des années pour me reconnecter) :

cela ne marche pas.

 

Rebelote : nouveau code reçu, deuxième essai :

Maintenant on me demande "pour confirmation, mon n° de mobile..."

Je n'ai pas de mobile !

 

J'ai essayé toutes les sorties possibles et imaginables : rien ne marche.

Après renseignements pris, j'ai réalisé avec stupéfaction, naïve que je suis, que Fakebook est une gigantesque arnaque qui nous utilise, nous manipule, nous ment et qu'ils sont très efficaces : ils arrivent même à nous rendre accroc !

 

Lien vers : "Et si on laissait tomber Facebook" - article de Salim Virani

 

Moralité :

J'ai encore du chemin à faire dans la voie de perdre mon ego...

et j'ai vraiment besoin de relire tout ce que j'ai mis sur mes propres sites !

 

Porte-toi bien ! A bientôt... Lumiere et joie

Eclaircie photo jo solari

Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir (texte Christian Bobin)

Bonjour toi,

 

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Apaisement photo jo solari

 

Partons de ce bleu, si vous voulez bien. Partons de ce bleu dans le matin fraichi d'avril. Il avait la douceur du velours et l'éclat d'une larme. J'aimerais vous écrire une lettre où il n'y aurait que ce bleu. Elle serait semblable à ce papier plié en quatre qui enveloppe les diamants dans le quartier des joailliers à Anvers, ou Rotterdam, un papier blanc comme une chemise de mariage, avec à l'intérieur des grains de sel angéliques, une fortune de Petit Poucet, des diamants comme des larmes de nouveau-né.

Nos pensées montent au ciel comme des fumées. Elles l'obscurcissent. Je n'ai rien fait aujourd'hui et je n'ai rien pensé. Le ciel est venu manger dans ma main. Maintenant c'est le soir mais je ne veux pas laisser filer ce jour sans vous en donner le plus beau. Vous voyez le monde. Vous le voyez comme moi. Ce n'est qu'un champ de bataille. Des cavaliers noirs partout. Un bruit d'épées au fond des âmes. Eh bien, ça n'a aucune importance.

 

Etang de sweighouse photo jo solari

Je suis passé devant un étang. Il était couvert de lentilles d'eau - ça oui, c'était important.

 

Nous massacrons toute la douceur de la vie et elle revient encore plus abondante. La guerre n'a rien d'énigmatique - mais l'oiseau que j'ai vu s'enfuir dans le sous-bois, volant entre les troncs serrés, m'a ébloui. J'essaie de vous dire une chose si petite que je crains de la blesser en la disant. Il y a des papillons dont on ne peut effleurer les ailes sans qu'elles cassent comme du verre. L'oiseau allait entre les arbres comme un serviteur glissant entre les colonnes d'un palais. Il ne faisait aucun bruit. Il était aussi simplement vêtu d'or qu'un poème. Voici, je me rapproche de ce que je voulais vous dire, de ce presque rien que j'ai vu aujourd'hui et qui a ouvert toutes les portes de la mort : il y a une vie qui ne s'arrête jamais. Elle est impossible à saisir. Elle fuit devant nous comme l'oiseau entre les piliers qui sont dans notre coeur. Nous ne sommes que rarement à la hauteur de cette vie. Elle ne s'en soucie pas. Elle ne cesse pas une seconde de combler de ses bienfaits les assassins que nous sommes.

 

Le ciel se reflete photo jo solari

L'étang fleurissait sous le ciel et le ciel se coiffait devant l'étang.

 

L'oiseau aux ailes prophétiques enflammait la forêt. Pendant quelques secondes j'ai réussi à être vivant. J'ai conscience que cette lettre peut vous sembler folle. Elle ne l'est pas. Ce sont plutôt nos volontés qui sont folles. Je veux ici parler simplement de ce qu'on appelle une "belle journée", un "ciel bleu". Ces expressions désignent un mystère. Un couteau de  lumière dont la lame fraiche nous ouvre le coeur. Nous sommes enfouis sous des milliers d'étoiles. Et parfois nous nous en apercevons, nous remuons la tête, oh juste quelques secondes. C'est ce que nous appelons du "beau temps".

 

Lac de michelbach photo jo solari

 

J'imagine quelqu'un qui entre au paradis sans savoir que c'est le paradis. Il a des inquiétudes, des projets. Il est très occupé. Un bruit de fer, un cliquetis d'épées l'accompagne. C'est si banal, la guerre. Et puis tout d'un coup il y a une lumière de neige sur un étang, et un oiseau aux ailes d'or fracasse les murailles du monde. C'est quelque chose d'inespéré. Quelques secondes suffisent, n'est-ce pas, pour vivre éternellement. "Nous sentons et nous éprouvons que nous sommes éternels" : cette pensée de Spinoza a la douceur d'un enfant endormi à l'arrière d'une voiture. Nous avons, vous et moi, un Roi-Soleil assis sur son trône rouge dans la grande salle de notre coeur. Et parfois, quelques secondes, ce roi, cet homme-joie, descend de son trône et fait quelques pas dans la rue. C'est aussi simple que ça.

 

Michelbach photo jo solari

 

Je  n'aime que les livres dont les pages sont imbibées de ciel bleu - de ce bleu qui a fait l'épreuve de la mort. Si mes phrases sourient c'est parce qu'elles sortent du noir. J'ai passé ma vie à lutter contre la persuasive mélancolie. Mon sourire me coûte une fortune. Le bleu du ciel, c'est comme si une pièce d'or tombait de votre poche et qu'en l'écrivant je vous la rendais. Ce bleu en majesté dirait la fin définitive du désespoir et ferait monter les larmes aux yeux. Vous comprenez ?

 

(Christian Bobin - "L'homme-joie")

 

Porte-toi bien ! A bientôt... Lumiere et joie